Carlos Alcaraz est entré dimanche dans le panthéon du tennis mondial en remportant son troisième Roland-Garros consécutif, égalant l’exploit de Rafael Nadal entre 2005 et 2008. La finale disputée sur le court Philippe-Chatrier a tenu toutes ses promesses, offrant au public parisien et aux téléspectateurs du monde entier 2h58 d’un tennis d’une intensité et d’une qualité rarissimes, avant qu’Alcaraz ne s’impose finalement 6-3, 4-6, 6-2, 6-4 face à l’Italien Jannik Sinner.
Une finale d’anthologie entre les deux meilleurs joueurs du monde
Le premier set a immédiatement donné le ton : Alcaraz, 23 ans, a imposé son jeu agressif et polyvalent d’emblée, variants les coups droits lifté dévastateurs avec des amorties déstabilisantes. Son jeu de jambes prodigieux lui a permis de couvrir l’intégralité du court avec une aisance déconcertante, prenant le meilleur sur le service puissant du numéro un mondial. Mené 3-0, Sinner a bien tenté de réagir, mais la sérénité d’Alcaraz dans les moments clés lui a permis de conclure le set 6-3 en 38 minutes.
La réaction du numéro un mondial a été tout à son honneur. Dans le deuxième set, Sinner a élevé son niveau de jeu de manière spectaculaire, multipliant les coups gagnants avec ses fameux coups droits en coup droit et son revers à deux mains croisé. Breakant l’Espagnol dans le septième jeu, l’Italien a égalisé à une manche partout, redonnant de l’espoir à ses nombreux supporters venus en nombre depuis la péninsule.
Alcaraz reprend le contrôle dans les deux derniers sets
Mais Alcaraz, qui se distingue précisément par sa capacité à hausser son niveau dans les moments décisifs, a repris les commandes dans le troisième set avec une autorité impressionnante. Son service, en grande amélioration cette saison, lui a permis de tenir facilement ses jeux de service tout en créant des occasions en retour. Trois breaks plus tard, l’Espagnol menait deux manches à une.
Le quatrième set a été le plus disputé de la finale, Sinner refusant de s’avouer vaincu et portant le score à 4-4 avant qu’un double faute de l’Italien dans un moment crucial ne permette à Alcaraz de breaker pour 5-4 puis de servir pour le titre. Après un ultime échange de 24 coups gagnants ponctué par un passing shot de revers d’Alcaraz, la balle de match est arrivée : revers croisé imparable, 6-4, et une explosion de joie qui a submergé le court Philippe-Chatrier.
Un champion au sommet de son art
« Je ne sais pas comment exprimer ce que je ressens. Gagner ici trois fois de suite, c’est quelque chose que je n’aurais jamais osé imaginer quand j’étais enfant à El Palmar », a confié Carlos Alcaraz en larmes dans les bras de son entraîneur Juan Carlos Ferrero, lui-même ancien champion de Roland-Garros en 2003. À 23 ans, l’Espagnol compte déjà cinq titres du Grand Chelem et la quasi-totalité des observateurs le voient comme le successeur naturel de Rafael Nadal dans la hiérarchie du tennis mondial.