Renault ElectroVolt : la France parie 8 milliards d’euros sur la voiture électrique populaire

Renault frappe un grand coup dans la course à la mobilité électrique. Le constructeur au losange a présenté ce jeudi son plan stratégique « ElectroVolt 2026-2030 », une feuille de route ambitieuse dotée d’un budget de 8 milliards d’euros qui vise à positionner la marque comme le leader européen de la voiture électrique populaire. Au cœur de ce dispositif : le développement d’une nouvelle plateforme modulaire permettant de produire des véhicules électriques à partir de 15 000 euros, un niveau de prix jamais atteint dans le secteur et susceptible de rendre la mobilité décarbonée accessible à des millions de ménages aujourd’hui exclus du marché électrique.

Le défi du coût : rendre l’électrique accessible

Le principal obstacle au développement de masse de la voiture électrique en France et en Europe n’est pas technologique mais économique : le prix moyen d’un véhicule électrique neuf en France s’établit à 42 000 euros, soit près du double d’un véhicule thermique équivalent. Cette différence de prix crée une profonde inégalité d’accès à la mobilité propre, les ménages aisés bénéficiant des aides à l’achat et des économies sur les carburants tandis que les classes populaires restent captives de vieux véhicules thermiques polluants.

Le plan ElectroVolt entend briser ce verrou économique en développant des batteries de nouvelle génération — en partenariat avec le géant coréen Samsung SDI et la start-up française Verkor — permettant de réduire de 40 % le coût des packs énergétiques d’ici 2028. Combinée à une optimisation des processus de production dans les usines de Flins, Douai et Maubeuge, cette révolution technologique devrait permettre de commercialiser un véhicule électrique cinq places à moins de 20 000 euros dès 2027.

Un plan industriel ancré en France

La dimension territoriale du plan ElectroVolt est particulièrement mise en avant par la direction de Renault, soucieuse de démontrer l’engagement du groupe dans le tissu industriel français à un moment où la concurrence asiatique menace l’ensemble du secteur automobile européen. Les huit milliards d’investissements annoncés se répartissent entre la modernisation des usines existantes (3,2 milliards), le développement de la filière batterie (2,8 milliards) et la recherche et développement (2 milliards).

Ces investissements devraient permettre la création de 12 000 emplois directs en France d’ici 2030, selon les projections du groupe, auxquels s’ajouteront 35 000 emplois indirects dans la filière équipementière. Le Premier ministre, présent lors de la présentation du plan au siège de Renault à Boulogne-Billancourt, a salué « un exemple de ce que l’industrie française est capable d’accomplir quand elle s’en donne les moyens ».

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